Quinzaine culturelle de la Palestine : 3e édition
(0:00) Que la paix soit avec vous, frères et sœurs. (0:04) Depuis l'aube, le massacre à Gaza se poursuit. (0:08) Les tueries ont lieu sans distinction, (0:11) des familles et des foyers entiers sont pris pour cible. (0:15) À ce jour, plus de 13 personnes ont été tuées (0:18) lors de frappes contre des maisons, des tentes et des véhicules civils, (0:22) tandis que plus de 35 autres ont été blessées depuis ce matin. (0:26) La situation est devenue insoutenable. (0:31) Les massacres et les destructions se poursuivent de manière systématique et continue, sans répit. (0:36) La population vit une véritable catastrophe humanitaire, (0:40) qui affecte tous les aspects de la vie quotidienne. (0:43) Merci de votre attention. Continuez à vous informer sur la situation à Gaza.
Lorsque nous évoquons les ordres d'évacuation répétés dans la bande de Gaza, nous ne faisons pas référence à des mesures militaires temporaires ni à des actions de routine liées à la guerre conventionnelle. Nous parlons plutôt d'une politique persistante qui a ravivé le souvenir des déplacements forcés et des expulsions qui ont marqué les différentes phases du génocide perpétré contre la population de Gaza. L'évacuation est devenue l'un des aspects les plus marquants du quotidien des Palestiniens à Gaza – non pas comme une simple mesure de terrain, mais comme un mécanisme qui impose un état permanent d'instabilité, de peur, d'épuisement psychologique et de privation matérielle.
Selon les estimations des Nations Unies, plus de 90 % de la population de Gaza a été déplacée depuis le début du génocide. Nombre d'entre elles ont subi des déplacements répétés. Les données de l'ONU indiquent qu'en moyenne, chaque individu a été déplacé environ six fois au cours du conflit, tandis que certaines familles ont été contraintes de se reloger entre dix et vingt fois. Ces chiffres sont sans précédent dans la plupart des conflits contemporains et témoignent de l'immense pression exercée sur les civils, pris au piège d'un cycle de déplacements incessants, sans aucune certitude quant à leur sécurité.
Aujourd'hui, les ordres d'évacuation ne se limitent plus à une seule maison, un seul immeuble ou une seule rue. Dans bien des cas, ils concernent des quartiers résidentiels entiers, comprenant des centaines de logements, des milliers d'habitants et de nombreux campements de fortune. Dès qu'un ordre d'évacuation est émis, des milliers de familles sont contraintes de se mettre en quête d'un abri dans des conditions marquées par une grave pénurie de services essentiels et l'absence de zones véritablement sûres.
Les conséquences des bombardements qui suivent ces ordres d'évacuation s'étendent bien au-delà des cibles officiellement désignées. Les explosions et les éclats d'obus atteignent fréquemment des centaines de mètres au-delà de la zone d'impact et, dans certains cas, des distances approchant le kilomètre. De ce fait, de nombreuses victimes se trouvent hors de la zone immédiatement ciblée. De nombreuses blessures ne sont pas recensées car les victimes se font souvent soigner dans des dispensaires locaux, des postes médicaux de campagne ou des structures de santé temporaires plutôt que dans des hôpitaux dont les dossiers sont utilisés par les organisations internationales.
La dimension psychologique de cette politique est tout aussi importante. Les évacuations répétées n'entraînent pas seulement la perte d'un abri ; elles engendrent un état d'anxiété et d'appréhension permanent, ainsi qu'une érosion progressive du sentiment de sécurité. Les familles sont sans cesse contraintes de rassembler ce qui leur reste, de transporter leurs enfants, leurs proches âgés et les malades, et de trouver un nouveau logement temporaire, pour ensuite faire face à un nouvel ordre d'évacuation quelques jours ou semaines plus tard.
Il est également à noter que de nombreux sites visés suite aux ordres d'évacuation étaient déjà endommagés, détruits ou abandonnés. Malgré cela, une puissance de feu considérable est souvent employée contre eux, provoquant des destructions importantes qui affectent les zones civiles environnantes. Quelles que soient les justifications avancées pour chaque frappe, le résultat est invariablement une aggravation des souffrances, des déplacements et des ravages parmi les populations civiles.
La politique d'évacuation actuelle peut être comprise comme fonctionnant à plusieurs niveaux interconnectés :
* L'évacuation d'une maison ou d'un bâtiment.
* L'évacuation d'un immeuble résidentiel entier.
* L'évacuation de vastes quartiers d'une ville.
* L'évacuation de villes ou de gouvernorats entiers, comme on l'a constaté à différentes étapes du génocide lorsque des centaines de milliers de personnes ont reçu l'ordre de se déplacer du nord de Gaza vers le sud, puis du sud vers d'autres endroits, avant d'être incitées à retourner dans les zones dévastées, puis déplacées à nouveau.
L'expérience historique démontre que les transferts forcés de population répétés ont souvent figuré parmi les mécanismes les plus efficaces pour affaiblir les sociétés et compromettre leur capacité de résilience. Tout au long des XXe et XXIe siècles, de nombreux cas en Europe, en Asie et en Afrique ont montré comment les déplacements forcés ont été utilisés comme moyen de contrôle, de manipulation démographique et de restructuration des réalités géographiques et sociales.
À Gaza, les évacuations répétées ont eu pour conséquence directe la réduction constante de l'espace disponible pour les civils. Chaque zone vidée de ses habitants devient impraticable pour la vie civile normale, tandis qu'un nombre croissant de personnes se concentrent dans des zones de plus en plus petites et surpeuplées. Cette situation a exacerbé les crises liées à l'eau, à l'alimentation, aux soins de santé, au logement, à l'assainissement et à tous les autres services essentiels.
Dans le même temps, les ordres d'évacuation et les bombardements se poursuivent presque quotidiennement, sans égard aux fêtes religieuses, aux occasions sacrées ou à l'ampleur des pertes civiles. La population subit depuis des mois une pression incessante qui ne lui laisse guère de place pour la stabilité, le rétablissement ou la guérison psychologique.
L’impact réel de cette politique ne se mesure pas uniquement au nombre de maisons détruites ou de personnes déplacées. Il faut aussi le comprendre à travers l’épuisement psychologique et social profond qu’elle inflige à toute une société. Les déplacements forcés répétés, la perte d’attachement au lieu et la transformation du quotidien en un cycle infernal de déplacements laissent des séquelles qui se feront sentir pendant des années.
Pour ces raisons, l’étude des ordres d’évacuation à Gaza ne doit pas se limiter à leurs dimensions opérationnelles ou militaires immédiates. Il est également essentiel de les examiner à travers leurs conséquences humanitaires, psychologiques, sociales et démographiques plus larges. Ces évacuations ne sont plus des incidents isolés ; elles sont devenues un élément déterminant du quotidien de millions de civils et l’une des manifestations les plus visibles du génocide en cours qui cible la population, le territoire et le tissu social même de Gaza.
Dr. Eyad Al Amawi eng. Humanitaire/Gaza relief committee
Photo générée par IA
Le 14 mai 1948, dernier jour du mandat colonial britannique sur la Palestine, David Ben Gourion proclamait unilatéralement la création de l'État d'Israël. Ce moment charnière du mouvement sioniste (qui n'est en aucun cas son commencement) s'est inscrit dans un processus de nettoyage ethnique d'une ampleur colossale, la Nakba, sur l'ensemble du territoire confisqué par la force par le mouvement sioniste. En l'espace de quelques mois, les attaques terroristes de milices sionistes et les massacres de civils, y compris de villages entiers, ont forcé 800 000 palestinien-nes à fuir leurs terres, leurs villages, leurs maisons.
Le 15 mai est la date à laquelle les Palestinien-nes du monde entier commémorent cette histoire funeste. Dans ce contexte, le Collectif de Solidarité Palestine 37 vous invite à une lecture de poèmes de poétesses palestiniennes, accompagnée en musique par le Duo Garcia, ce Vendredi 15 mai à 19h à la librairie La Vagabonde rue Bernard Palissy à Tours.
ENTRÉE GRATUITE
Les faits en question remontent au 7 octobre 2023. Les attaques du Hamas en Israël font plusieurs milliers de morts, à la surprise générale. Muzna Shihabi s’exprime sur le réseau social X : “Aujourd’hui, le mythe de la force de l’armée et des services d’intelligence sionistes est tombé”. Ce tweet, dont elle récuse la portée d’incitation à la haine, lui vaut une plainte de l’Organisation juive européenne, une association française qui se présente comme luttant “contre l’antisémitisme, sous toutes ses formes”.
Pour cette ancienne conseillère de l’OLP, cette procédure judiciaire qu’elle vient de remporter dépasse largement son cas personnel. Elle constituerait plutôt le symptôme “d’une parole palestinienne scrutée, parfois criminalisée. Elle montre une tendance assez inquiétante en France parce que le problème c’est que lorsqu’un palestinien parle, on est immédiatement soupçonné d’excès de haine, alors qu’on décrit une réalité qui est documentée par des organisations internationales, par des ONG, par des historiens donc c’est pas possible de ne pas écouter les Palestiniens comme ça.”
Muzna Shihabi, qui exerce comme responsable de plaidoyer et communication au Centre Arabe de Recherches et d’Études Politiques (CAREP), s’est dit soulagée après son audience par la juge, qui aura duré près de quatre heures. Pour elle, cette décision confirme “que décrire une réalité, même si elle dérange quelques personnes qui soutiennent l’État d’Israël, ne constitue pas un délit et ça c’était important, parce que le récit palestinien doit avoir la force de gagner”.
Pour cette ancienne conseillère de l’OLP, cette procédure judiciaire qu’elle vient de remporter dépasse largement son cas personnel. Elle constituerait plutôt le symptôme “d’une parole palestinienne scrutée, parfois criminalisée. Elle montre une tendance assez inquiétante en France parce que le problème c’est que lorsqu’un palestinien parle, on est immédiatement soupçonné d’excès de haine, alors qu’on décrit une réalité qui est documentée par des organisations internationales, par des ONG, par des historiens donc c’est pas possible de ne pas écouter les Palestiniens comme ça.”
Un problème d’autant plus grave que ce peuple fait face à un génocide organisé depuis le 7 octobre 2023 : “Là bas on tue des Palestiniens. Ici on essaie de les faire taire, pas par des balles mais par des procédures, des accusations et des interprétations malveillantes de tout ce qu’on dit”.
La question se pose dès lors de la place dans le débat public pour la parole d’une population génocidée si chaque prise de position, chaque discours, est systématiquement criminalisé, décrédibilisé. Et Muzna Shihabi de conclure : “Encore une fois, si moi je ne parle pas, je ne vois pas qui va le faire à ma place ?”
Ehab Ghafri est un cinéaste engagé pour la transmission de la culture et des récits palestiniens et pour un cinéma libre de tout
contrôle politique, financier et institutionnel, hors de toute tentative de déformation du récit palestinien.
En 2024, il était en tournée en France pour présenter son premier long-métrage consacré à la vie au sein du camp de Jénine situé en Cisjordanie, sous occupation israélienne.
En 2025, l’armée d’occupation a complètement assiégé le camp et fait de ses habitant s des réfugiés . Ehab y est donc retourné pour documenter ce que ses habitant·es ont à raconter de cet exil forcé, de leurs espoirs et de leur résistance à l ’occupation.
ENTRÉE GRATUITE
La projection du film sera précédée de la projection de deux courts métrages : THE REFRIGERATOR et SURVIVOR. Elle sera suivie d'une discussion entre le public et le réalisateur palestinien Ehab Ghafri.
Plus de 38 000 femmes et filles ont été tuées à Gaza entre octobre 2023 et décembre 2025, selon ONU Femmes. Six mois après le cessez-le-feu, alors que l’attention internationale se détourne de l’enclave palestinienne, l’agence onusienne met en garde contre la persistance d’un danger extrême pour les femmes et les filles à Gaza.
Cette soirée d’ouverture de la Quinzaine Culturelle de la Palestine se fait sous le mot d’ordre « Intifada Culturelle ». N’y voyez aucun appel à la violence, c’est bien là tout l’inverse : le mot intifada signifie en arabe “se soulever”, “se relever”, “se secouer pour ne pas disparaître”. C’est une invitation au réveil collectif par la culture ! Dans un contexte où l’on parle trop souvent de la Palestine à travers les chiffres, les ruines et les morts, la démarche se place volontairement à l’opposé : parlons de la Palestine par sa culture – ici, à travers sa musique et sa danse – parce que préserver, transmettre et créer est une forme de résistance !
Le son et les mots d’un peuple qui refuse le silence seront portés par Radio Gaza, ce groupe né de l’union de talents gazaouis réunis pour réinventer les chansons traditionnelles en leur insufflant la modernité du rock et du rap, sous une forte dimension festive et militante. Héritage vivant des racines palestiniennes, la dabkeh est une danse traditionnelle menée aussi bien par les hommes que les femmes. La quinzaine de danseur·euses de la troupe Kofiyetna Dabke basée à Paris incarne l'appartenance du peuple palestinien à la terre de Palestine, même quand il en est tenu éloigné.
réservez vos billets ici : https://letempsmachine.com/billetterie
Dans le cadre de la Quinzaine Culturelle de la Palestine

22 avr. 2026 12:29
31 mars 2026 16:54
Tous les samedis, le collectif tient un stand sur la place Jean Jaurès pour y exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien. Soutenez le collectif en vous joignant à eux et en le soutenant, par votre engagement ou par vos dons, lors de ce moment privilégié.

Le Collectif de Solidarité Palestine 37 à été créé en 2009 par des citoyens tourangeaux ayant la volonté de soutenir le peuple Palestinien qui vit sous occupation israélienne, pour dénoncer l’apartheid en Palestine, le génocide à Gaza et lutter contre la colonisation. Il rassemble citoyen-nes, organisations et mouvements pour l’auto-détermination du peuple palestinien. Nous agissons contre l’oppression coloniale et les guerres impérialistes. Découvrez notre mission et rejoignez notre lutte pour la justice et la liberté.
Contact : cspalestine37@proton.me
Info : https://www.collectifdesolidaritepalestine37.fr/
Créez votre propre site internet avec Webador