Deux ans après : penser depuis le 7 octobre par Agence Palestine

Le 7 octobre, est en passe de devenir une expression semblable à celle du 11 septembre dans tous les médias. Il s’agit dans cet usage d’un raccourci-écran. L’expression « 11 septembre » focalise  sur la destruction des deux tours, et ses milliers de morts, cependant le raccourci « 11 septembre » cache tous les désordres du monde qui l’ont suivi,  l’expansion des thèses néoconservatrices, le Patriot Act , Guantanamo, la destruction de l’Irak…

De même parler du «7 octobre» focalise sur les crimes commis à cette date, et les centaines de morts, mais occulte dans les esprits tout le reste, tout ce que cette date a enclenché, le génocide à Gaza, l’accélération de l’annexion de la Cisjordanie, l’implication internationale en soutien d’Israël,  le mépris du droit international qui tente en vain de se faire entendre…

L’Agence Média Palestine propose depuis plus de quinze ans à son lectorat des informations alternatives et des éléments de réflexion pour lutter contre la désinformation médiatique.

C’est dans cet esprit que nous avons demandé à  des analystes et auteur-ices palestiniens, français, israéliens, de partager avec nous leurs réflexions, après deux ans: Depuis le 7 octobre. Nous mettrons en ligne un de leurs textes chaque jour à partir du 1er octobre.

Agence Média Palestine 

https://agencemediapalestine.fr/

ONU INFO

23 juin 2026

Israël accusé de cibler les enfants palestiniens à Gaza

Une commission d’enquête internationale mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a accusé, mardi 23 juin, Israël de « cibler » les enfants palestiniens dans la bande de Gaza, dénonçant une fois encore un « génocide » en cours, mais aussi des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans l’enclave palestinienne, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie. A Lire ici : https://news.un.org/fr/story/2026/06/1159046

ONU Info Des enfants jouant au football parmi les décombres à Gaza-Ville.

19 juin 2026

Un enfant tué par jour à Gaza : le cessez-le-feu, « une illusion cruelle et meurtrière »

19 juin 2026 Aide humanitaire

Présenté depuis des mois comme un temps de répit, le cessez-le-feu en vigueur à Gaza n’a pas mis fin aux morts d’enfants. Depuis son annonce en octobre 2025, 265 enfants palestiniens ont été tués dans l’ensemble de l'enclave, a déploré vendredi une agence des Nations Unies, qualifiant cette trêve « d’illusion cruelle et meurtrière ».

La suite ici :  https://news.un.org/fr/story/2026/06/1159020

 

18 juin 2026

« L’essence même de l’enfance a été détruite »

Le ciblage délibéré par Israël des enfants palestiniens dans les territoires occupés de Palestine depuis le 7 octobre 2023

Rapport de l'ONU du 18 juin 2026

 

9 juin 2026

Les civils palestiniens pris au piège entre les violences israéliennes et la terreur du Hamas

Les civils palestiniens paient le prix fort dans une crise où toutes les parties violent systématiquement le droit international. Entre les abus commis par les forces israéliennes et les colons, et la terreur imposée par le Hamas, la population se retrouve sans protection, selon le dernier rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé et Israël.

Le rapport adressé au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pointe l’État d’Israël comme responsable des exactions des colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, tandis que les forces affiliées au Hamas sont responsables des actes commis par les militants palestiniens à Gaza.

Selon les enquêteurs indépendants onusiens, la violence des colons est le « résultat direct » des politiques israéliennes qui soutiennent, facilitent et protègent leurs actions, tandis que les forces affiliées au Hamas ont exploité le vide créé par les attaques israéliennes incessantes et la destruction généralisée dans l’enclave palestinienne. 

« Ce qui est alarmant, c’est la similitude dans l’infliction délibérée de souffrances aux civils palestiniens. Bien que leurs origines et leurs motivations diffèrent, les deux opèrent dans des environnements façonnés par Israël », a déclaré dans un communiqué, Srinivasan Muralidhar, président de la Commission.

Exécutions publiques à Gaza

S’agissant de Gaza, la Commission a enquêté sur des cas d’exécutions sommaires et extrajudiciaires ainsi que de violences physiques graves infligées à des Palestiniens par des militants armés affiliés au Hamas. Elle a ainsi recensé 249 cas d’exécutions et de violences physiques graves entre 2024 et 2025, ayant fait au moins 108 morts et 384 blessés. 

Les forces affiliées au Hamas étaient impliquées dans au moins 60 de ces incidents, dont deux exécutions publiques de 11 hommes, a détaillé la Commission, qui s’inquiète de la sévérité et du caractère public des mesures punitives prises par le Hamas à Gaza, qui infligent « un traumatisme profond à une population civile déjà gravement traumatisée », 

« Ces actes constituent des crimes de guerre, notamment des meurtres et des actes de torture, ainsi que des violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme ». a ajouté M. Muralidhar, relevant que tout futur cadre pour la paix et la stabilité à Gaza doit inclure un engagement clair et exécutoire en faveur de la responsabilité ». 

Le rapport a également constaté une augmentation notable des meurtres et des blessures infligés à des civils israéliens par des groupes armés palestiniens et des individus palestiniens en 2023, ce qui soulève de graves préoccupations quant au fait que de telles attaques violent les principes de distinction et de proportionnalité en vertu du droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre. 

En Cisjordanie, la violence des colons

En Cisjordanie, les attaques perpétrées par des colons contre des Palestiniens continuent d’augmenter. En 2025, au moins sept Palestiniens ont été tués et 832 autres blessés. Cela représente une hausse de 130 % du nombre de morts et de blessés par rapport à l’année 2024. Selon les enquêteurs onusiens, cette tendance s’est poursuivie cette année, avec des « attaques perpétrées quotidiennement ». 

Le rapport a révélé que les autorités israéliennes sont directement impliquées dans les attaques menées par des colons qui ont tué, causé des dommages physiques et psychologiques et déplacé des communautés palestiniennes. 

La Commission d’enquête de l’ONU relève que la violence des colons en Cisjordanie soutient la politique de l’État israélien : maintien de l’occupation, expansion des colonies et déplacement des Palestiniens.

Violences sexuelles

Des enfants sont agressés, enlevés ou maltraités dans leur vie quotidienne - à l’école, en jouant ou dans leurs champs - provoquant blessures, traumatismes et perturbation durable de leur éducation et de leur sécurité.

Des colons ont également commis ou menacé des violences sexuelles et harcelé des femmes palestiniennes dans le but de semer la peur et l’humiliation, tout en limitant leur liberté de circulation, leur accès aux écoles et lieux de travail, et les rendant plus vulnérables à la maltraitance domestique.

« La communauté internationale doit exercer une pression concertée sur Israël pour qu’il s’acquitte de ses obligations en vertu du droit international et prenne des mesures immédiates et décisives pour démanteler les colonies et les avant-postes, et mettre fin une fois pour toutes à la violence des colons », a fait valoir M. Muralidhar.

Le rapport de la Commission sera présenté, le lundi 15 juin 2026 à Genève, lors de la 62e session du Conseil des droits de l’homme.

 

8 juin 2026

Témoignage audio provenant de la bande de GAZA 

(0:00) Que la paix soit avec vous, frères et sœurs. (0:04) Depuis l'aube, le massacre à Gaza se poursuit. (0:08) Les tueries ont lieu sans distinction, (0:11) des familles et des foyers entiers sont pris pour cible. (0:15) À ce jour, plus de 13 personnes ont été tuées (0:18) lors de frappes contre des maisons, des tentes et des véhicules civils, (0:22) tandis que plus de 35 autres ont été blessées depuis ce matin. (0:26) La situation est devenue insoutenable. (0:31) Les massacres et les destructions se poursuivent de manière systématique et continue, sans répit. (0:36) La population vit une véritable catastrophe humanitaire, (0:40) qui affecte tous les aspects de la vie quotidienne. (0:43) Merci de votre attention. Continuez à vous informer sur la situation à Gaza.

L’ÉVACUATION COMME OUTIL DE GÉNOCIDE : déplacements répétés et épuisement de la société à Gaza !

Lorsque nous évoquons les ordres d'évacuation répétés dans la bande de Gaza, nous ne faisons pas référence à des mesures militaires temporaires ni à des actions de routine liées à la guerre conventionnelle. Nous parlons plutôt d'une politique persistante qui a ravivé le souvenir des déplacements forcés et des expulsions qui ont marqué les différentes phases du génocide perpétré contre la population de Gaza. L'évacuation est devenue l'un des aspects les plus marquants du quotidien des Palestiniens à Gaza – non pas comme une simple mesure de terrain, mais comme un mécanisme qui impose un état permanent d'instabilité, de peur, d'épuisement psychologique et de privation matérielle.

Selon les estimations des Nations Unies, plus de 90 % de la population de Gaza a été déplacée depuis le début du génocide. Nombre d'entre elles ont subi des déplacements répétés. Les données de l'ONU indiquent qu'en moyenne, chaque individu a été déplacé environ six fois au cours du conflit, tandis que certaines familles ont été contraintes de se reloger entre dix et vingt fois. Ces chiffres sont sans précédent dans la plupart des conflits contemporains et témoignent de l'immense pression exercée sur les civils, pris au piège d'un cycle de déplacements incessants, sans aucune certitude quant à leur sécurité.

Aujourd'hui, les ordres d'évacuation ne se limitent plus à une seule maison, un seul immeuble ou une seule rue. Dans bien des cas, ils concernent des quartiers résidentiels entiers, comprenant des centaines de logements, des milliers d'habitants et de nombreux campements de fortune. Dès qu'un ordre d'évacuation est émis, des milliers de familles sont contraintes de se mettre en quête d'un abri dans des conditions marquées par une grave pénurie de services essentiels et l'absence de zones véritablement sûres.

Les conséquences des bombardements qui suivent ces ordres d'évacuation s'étendent bien au-delà des cibles officiellement désignées. Les explosions et les éclats d'obus atteignent fréquemment des centaines de mètres au-delà de la zone d'impact et, dans certains cas, des distances approchant le kilomètre. De ce fait, de nombreuses victimes se trouvent hors de la zone immédiatement ciblée. De nombreuses blessures ne sont pas recensées car les victimes se font souvent soigner dans des dispensaires locaux, des postes médicaux de campagne ou des structures de santé temporaires plutôt que dans des hôpitaux dont les dossiers sont utilisés par les organisations internationales.

La dimension psychologique de cette politique est tout aussi importante. Les évacuations répétées n'entraînent pas seulement la perte d'un abri ; elles engendrent un état d'anxiété et d'appréhension permanent, ainsi qu'une érosion progressive du sentiment de sécurité. Les familles sont sans cesse contraintes de rassembler ce qui leur reste, de transporter leurs enfants, leurs proches âgés et les malades, et de trouver un nouveau logement temporaire, pour ensuite faire face à un nouvel ordre d'évacuation quelques jours ou semaines plus tard.

Il est également à noter que de nombreux sites visés suite aux ordres d'évacuation étaient déjà endommagés, détruits ou abandonnés. Malgré cela, une puissance de feu considérable est souvent employée contre eux, provoquant des destructions importantes qui affectent les zones civiles environnantes. Quelles que soient les justifications avancées pour chaque frappe, le résultat est invariablement une aggravation des souffrances, des déplacements et des ravages parmi les populations civiles.

La politique d'évacuation actuelle peut être comprise comme fonctionnant à plusieurs niveaux interconnectés :

* L'évacuation d'une maison ou d'un bâtiment.

* L'évacuation d'un immeuble résidentiel entier.

* L'évacuation de vastes quartiers d'une ville.

* L'évacuation de villes ou de gouvernorats entiers, comme on l'a constaté à différentes étapes du génocide lorsque des centaines de milliers de personnes ont reçu l'ordre de se déplacer du nord de Gaza vers le sud, puis du sud vers d'autres endroits, avant d'être incitées à retourner dans les zones dévastées, puis déplacées à nouveau.

L'expérience historique démontre que les transferts forcés de population répétés ont souvent figuré parmi les mécanismes les plus efficaces pour affaiblir les sociétés et compromettre leur capacité de résilience. Tout au long des XXe et XXIe siècles, de nombreux cas en Europe, en Asie et en Afrique ont montré comment les déplacements forcés ont été utilisés comme moyen de contrôle, de manipulation démographique et de restructuration des réalités géographiques et sociales.

À Gaza, les évacuations répétées ont eu pour conséquence directe la réduction constante de l'espace disponible pour les civils. Chaque zone vidée de ses habitants devient impraticable pour la vie civile normale, tandis qu'un nombre croissant de personnes se concentrent dans des zones de plus en plus petites et surpeuplées. Cette situation a exacerbé les crises liées à l'eau, à l'alimentation, aux soins de santé, au logement, à l'assainissement et à tous les autres services essentiels.

Dans le même temps, les ordres d'évacuation et les bombardements se poursuivent presque quotidiennement, sans égard aux fêtes religieuses, aux occasions sacrées ou à l'ampleur des pertes civiles. La population subit depuis des mois une pression incessante qui ne lui laisse guère de place pour la stabilité, le rétablissement ou la guérison psychologique.

L’impact réel de cette politique ne se mesure pas uniquement au nombre de maisons détruites ou de personnes déplacées. Il faut aussi le comprendre à travers l’épuisement psychologique et social profond qu’elle inflige à toute une société. Les déplacements forcés répétés, la perte d’attachement au lieu et la transformation du quotidien en un cycle infernal de déplacements laissent des séquelles qui se feront sentir pendant des années.

Pour ces raisons, l’étude des ordres d’évacuation à Gaza ne doit pas se limiter à leurs dimensions opérationnelles ou militaires immédiates. Il est également essentiel de les examiner à travers leurs conséquences humanitaires, psychologiques, sociales et démographiques plus larges. Ces évacuations ne sont plus des incidents isolés ; elles sont devenues un élément déterminant du quotidien de millions de civils et l’une des manifestations les plus visibles du génocide en cours qui cible la population, le territoire et le tissu social même de Gaza.

Dr. Eyad Al Amawi eng. Humanitaire/Gaza relief committee 

18 mai 2026

Palestine : malgré le cessez-le-feu, destructions et déplacements forcés se poursuivent

Le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas a réduit l’ampleur des violences dans la bande de Gaza, mais les tueries et destructions se poursuivent, tandis que les déplacements forcés en Cisjordanie occupée atteignent un niveau « jamais vu depuis des décennies », a averti lundi à Genève un haut responsable du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Le chef du bureau du HCDH dans le territoire palestinien occupé, Ajith Sunghay, présentait le dernier rapport de l’agence couvrant la période allant du 7 octobre 2023 au 31 mai 2025, après les attaques du Hamas en Israël et l’offensive israélienne qui a suivi à Gaza.

Le rapport documente des violations massives du droit international, y compris des atrocités, et évoque des crimes de guerre ainsi que de possibles crimes contre l’humanité commis par des parties israéliennes et palestiniennes. 

« Un an plus tard, malgré le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, les conséquences durables des schémas que nous avons documentés restent visibles », a déclaré M. Sunghay.

Selon le défenseur des droits humains, le cessez-le-feu « a réduit l’ampleur immense des violences observées jusque-là et ouvert un espace humanitaire limité ». 

« Mais les tueries et la destruction des infrastructures se poursuivent presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale demeure désastreuse », a-t-il ajouté, tout en accusant également le Hamas de continuer ses propres violations, « y compris contre la population de Gaza ».

Le responsable onusien a souligné que la période examinée a été marquée par un niveau sans précédent de Palestiniens tués par les forces israéliennes, par un renforcement du contrôle israélien sur les Palestiniens et leurs terres, ainsi que par des actes « préoccupants » de la part des autorités palestiniennes et de groupes armés palestiniens, notamment des tirs indiscriminés de roquettes contre Israël et des prises d’otages.

Attaques meurtrières et violences dévastatrices

Selon le rapport, les groupes armés palestiniens ont commis des crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité lors des attaques du 7 octobre 2023 et des jours suivants contre des civils en Israël, tuant au moins 1.124 personnes, prenant des otages et tirant pendant plus d’un an des milliers de missiles non guidés vers le territoire israélien.

Les anciens otages libérés ont fourni des témoignages crédibles faisant état de torture et de mauvais traitements, y compris de violences sexuelles, a indiqué M. Sunghay.

Dans le même temps, « Israël a déclenché une violence dévastatrice et une dépossession à Gaza et en Cisjordanie, commettant des crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité », a affirmé le chef du bureau du HCDH.

Il a précisé que le rapport conclut que l’ensemble de la conduite israélienne à Gaza soulève de « graves préoccupations » quant au respect par Israël de son obligation de prévenir les actes relevant de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.

Blocus, famine et déplacements

« Les Palestiniens n’ont aucun moyen d’assurer leur survie ou de protéger leurs proches, alors que des centaines de personnes ont été tuées depuis l’annonce du cessez-le-feu », a dit M. Sunghay.

Selon lui, l’armée israélienne a tué 72.769 Palestiniens à Gaza depuis le 7 octobre 2023, « dans leurs maisons, dans des abris pour déplacés, dans des hôpitaux, des écoles, des lieux de culte, dans les rues, alors qu’ils faisaient la queue pour recevoir de l’aide ou tentaient de pêcher en mer ».

Le responsable a également dénoncé le blocus imposé à Gaza, affirmant qu’il « a entraîné une famine et des conditions de faim généralisée annoncées puis confirmées », causant la mort de centaines de personnes.

« Toute utilisation de la faim comme méthode de guerre contre des civils constitue un crime de guerre et peut, dans certaines conditions, relever du crime contre l’humanité, voire du génocide », a-t-il insisté.

M. Sunghay a également évoqué les déplacements à Gaza, qui suscitent des inquiétudes concernant un nettoyage ethnique et des transferts forcés de population. Selon lui, des habitants ont fui des quartiers aujourd’hui détruits, alors que les forces israéliennes poursuivent « la démolition illégale de bâtiments à travers Gaza », y compris des habitations sons contenant encore « des milliers de corps palestiniens non récupérés ».

Près de 700 Palestiniens, répartis dans neuf localités de Cisjordanie, ont été déplacés depuis le début de l'année 2026 en raison d'attaques de colons.

Expansion « sans précédent » des colonies

Concernant la Cisjordanie occupée, le responsable du HCDH a indiqué que le rythme des déplacements forcés y est « sans précédent depuis des décennies », qualifiant l’expansion des colonies israéliennes de « sans précédent ».

« Les forces militaires et policières israéliennes ainsi que les colons tuent de plus en plus de Palestiniens en toute impunité, souvent ensemble », a-t-il affirmé.

Depuis les attaques du 7 octobre 2023, 1.096 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie, dont environ 20 % d’enfants, selon lui.

Le rapport affirme également que les attaques de colons sont « régulièrement menées avec le soutien, l’acquiescement ou la participation des forces de sécurité israéliennes ».

Selon M. Sunghay, le gouvernement israélien a intensifié « la militarisation du mouvement des colons », les protégeant de toute responsabilité et tirant désormais « activement profit de la violence des colons comme catalyseur de son programme déclaré d’annexion ».

L’expansion des colonies a augmenté de 80 % depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel, avec 102 nouvelles colonies venant s’ajouter aux 127 existantes auparavant, a-t-il indiqué.

 
UNRWA Le camp de réfugiés palestiniens de Nour Shams, situé à seulement 3 kilomètres de la ville de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, après l'opération des forces israéliennes qui a duré plus de 55 heures entre le 18 et le 21 avril.

Des déplacés toujours sans retour possible

Par ailleurs, 33.000 Palestiniens déplacés l’an dernier des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Shams ne peuvent toujours pas rentrer chez eux, selon le rapport.

« Les autorités israéliennes expulsent des Palestiniens de leurs habitations autour de la Vieille Ville de Jérusalem-Est à des niveaux alarmants », a déclaré M. Sunghay, affirmant que ces propriétés sont ensuite remises à des colons ou libérées pour des projets liés aux colonies, notamment un parc et un projet de téléphérique.

Le document fait aussi état de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus palestiniens en détention israélienne, y compris des violences sexuelles et des viols, ainsi que de privations de nourriture et de soins médicaux suffisants.

« L’impunité alimente la répétition »

Enfin, M. Sunghay a estimé que l’impunité demeure l’un des principaux obstacles à la fin des violences.

Le cessez-le-feu n’a conduit à aucune forme réelle de reddition de comptes pour les violations commises au cours des années précédentes

« Le cessez-le-feu n’a conduit à aucune forme réelle de reddition de comptes pour les violations commises au cours des années précédentes », a-t-il déclaré.

« L’impunité alimente la répétition. La plupart des horreurs documentées ici, comme celles documentées pendant des décennies auparavant, sont restées impunies, sans aucune perspective de justice pour les victimes ».

M. Sunghay a enfin insisté sur le fait qu’au-delà des condamnations, les États doivent prendre d’urgence toutes les mesures conformes au droit international pour mettre fin à l’occupation israélienne, démanteler les colonies existantes, protéger les civils, garantir l’obligation de rendre des comptes pour les violations graves commises par toutes les parties et permettre aux Palestiniens d’exercer leurs droits humains.

« Dans un contexte comme celui-ci, l’absence d’action n’est pas de la passivité. C’est une autorisation », a-t-il conclu.

 

Dans le journal  "Le Monde"

 

A Gaza, près de 1 000 morts huit mois après l’entrée en vigueur de l’illusion d’un cessez-le-feu

L’accord scellé par Donald Trump, en octobre 2025, promettait une cessation immédiate des hostilités et un afflux illimité d’aide. Depuis, la bande de Gaza s’enfonce dans une crise humanitaire et compte ses victimes au quotidien.

 Agence Médias Palestine

Apartheid : zoom sur 43 lois suprémacistes israéliennes

Médiapart

"Il avance et commence à attraper mon sein » : des membres de la flottille pour Gaza témoignent de violences sexuelles durant leur détention"

De retour en France, plusieurs membres français de la flottille Sumud témoignent auprès de « Mediapart » de violences sexistes et sexuelles infligées par leurs geôliers israéliens. Ils soulignent que ce qu’ils ont subi n’est qu’un infime aperçu de ce que subissent au quotidien les détenus palestiniens

Médiapart, 24 mai 2026 à 17h49

Sur une vidéo postée par le ministre de la sécurité intérieure israélien Itamar Ben Gvir, qui a depuis fait le tour du monde, ils et elles apparaissaient agenouillé·es, les mains liées dans le dos, la tête au sol, sous une grande tente. Les activistes de la Global Sumud Flotilla, flottille partie de Turquie à la mi-mai pour briser le blocus israélien de Gaza, sont désormais libres et en mesure de témoigner de ce qu’il s’est passé avant et après ces quelques images volées par le ministre d’extrême droite.

Parmi ces récits, ceux de violences sexuelles, recueillis par Mediapart : une militante française indique avoir été frappée et « touchée de partout », y compris sur les fesses et la poitrine, par des hommes en armes dans un conteneur sans lumière ; et une seconde activiste française, avoir été « mise à nu » par des policières qui lui ont demandé de s’accroupir et lui ont « touché le sexe », au motif de « vérifier qu’elle était une femme ».

 
Meriem Hadjal, 38 ans, participante à la flottille Sumud pour Gaza, détenue du 18 au 21 mai par les autorités israéliennes, retrouve d’autres membres de la flottille lors d’un rassemblement sur la place de la République, à Paris, le 23 mai 2026. Photo : Justine Brabant

Les 428 militant·es, qui naviguaient sur une cinquantaine de bateaux, ont été intercepté·es par l’armée israélienne dans les eaux internationales au large de Chypre, lundi 18 mai en début d’après-midi. Les personnes ont été conduites sur trois navires de l’armée israélienne, où elles ont passé environ quarante-huit heures, avant d’être débarquées dans le port d’Ashdod (là où les équipes d’Itamar Ben Gvir les ont filmées), puis transférées dans la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev.

Les militant·es ont finalement été libéré·es le 21 mai. Parmi elles et eux se trouvaient 41 Français·es. Mediapart a pu en interroger quatre à leur retour en France, vendredi 22 et samedi 23 mai. Toutes et tous disent avoir été passé·es à tabac, avoir été obligé·es de rester agenouillé·es, tête au sol et mains menottées, durant plusieurs heures, avoir été privé·es de sommeil (au moyen de musique ou de lumières laissées allumées), avoir été rationné·es en eau et en nourriture, et avoir été menacé·es de mort.

Ils et elles disent par ailleurs avoir été témoins, sur d’autres militant·es, de l’utilisation d’armes de type taser, de tirs à l’aide de balles en caoutchouc, de tirs de grenades assourdissantes, de l’envoi de chiens, ou encore du refus de procurer des traitements médicaux à des personnes qui en auraient eu besoin – dont une personne ayant fait plusieurs crises d’épilepsie et plusieurs militant·es aux côtes cassées après avoir été frappé·es.

Ces activistes témoignent également, auprès de Mediapart, de violences sexistes et sexuelles qu’elles et ils ont subies ou dont ils et elles ont été témoins, ainsi que de discriminations liées au genre ou à l’orientation sexuelle.

Les auteurs et autrices de ces faits étaient des hommes et femmes armées, mais leur affiliation précise – militaires, policiers et policières, services pénitentiaires – est rendue compliquée par le fait qu’ils et elles ne portaient pas toujours de signes distinctifs et que certaines de ces violences avaient lieu dans des pièces sans lumière. Contactée, l’armée israélienne dément tout mauvais traitement. Le ministère de la sécurité intérieure et les services de communication du gouvernement israélien, également interrogés sur ces faits, n’ont pas répondu à nos questions (voir plus bas et en boîte noire).

Meriem Hadjal, 38 ans, militante de la branche française de l’association Waves of Freedom, avait embarqué sur le bateau Peluxo. Après son interception autour de 15 heures, le 21 mai, elle est conduite à bord d’un des trois « bateaux-prisons » utilisés pour transférer les membres des flottilles vers le sol israélien. Après avoir été agenouillé·es, puis allongé·es au sol face contre terre, les mains liées par des Serflex, les militant·es sont conduit·es individuellement dans un conteneur plongé dans le noir, surnommé par les interpellé·es « la chambre noire » ou « la chambre de torture ».

« Ils m’ont demandé : “Gay ?” »

Lorsque son tour vient d’y entrer, explique Meriem Hadjal, elle découvre « un camarade [de la flottille] au sol, pantalon baissé », ainsi que « trois hommes israéliens », qu’elle imagine être « des soldats », « armés d’un taser ». « L’un d’eux me dit en anglais : “Viens, viens avec moi.” Puis il avance et commence à attraper, à palper mon sein gauche », rapporte-t-elle.

« Je refuse d’avancer, puis j’essaie de me mettre dos au mur du conteneur pour me protéger. Il me met une grosse claque, au niveau de l’oreille, qui m’étourdit. Il tire sur mon tee-shirt, me touche de partout, y compris les fesses. Je lui dis : “Non !”, il me pousse. Je suis terrorisée. Je suis persuadée qu’ils vont me violer », poursuit-elle.

Les trois hommes finissent par la laisser partir. Le membre de la flottille au pantalon baissé reste à l’intérieur de la pièce. À ce jour, Meriem Hadjal n’est pas parvenue à l’identifier et ne sait pas quel sort il a subi. Elle dit être « restée en état de choc » durant toute une journée à la suite de cet épisode.

Durant le reste de sa détention, Meriem Hadjal sera traitée, rapporte-t-elle, de « שרמוטה » (« p*te », « sal*pe » en hébreu), comme les autres femmes de la flottille. Elle ajoute avoir vu des camarades portant le voile se le faire arracher brutalement, et un militant se faire « attraper le pénis » brutalement par un de leurs geôliers israéliens lors d’un transfert entre deux lieux de détention.

Avant leur départ pour la flottille, et afin de les préparer psychologiquement, les militants avaient été invités à répondre à un questionnaire leur demandant « ce qu’ils redoutaient le plus » concernant cette mission. Meriem Hadjal avait répondu : « Les violences sexuelles. » « Pour moi, c’est clair : ils ont voulu nous briser, nous traumatiser à vie et nous dissuader de revenir. Mais aujourd’hui, je veux raconter, car je ne veux pas avoir honte », explique la trentenaire, par ailleurs militante de l’organisation féministe #NousToutes et de La France insoumise.

Adrien Berthel se trouvait sur le même bateau-prison qu’elle. Lui aussi est passé par les fouilles, les humiliations, puis par ce conteneur plongé dans l’obscurité. « Quand ils ont vu que je portais du vernis sur mes orteils, ils m’ont demandé : “Gay ?” », relate-t-il. Le Français de 33 ans est ensuite « tabassé » à son tour.

Tant Meriem Hadjal qu’Adrien Berthel rapportent avoir entendu « les hurlements de tous ceux dont le bateau avait lui aussi été intercepté, qui passaient à leur tour dans la chambre noire ». « C’était complètement différent des autres missions, estime le militant, qui avait déjà pris part à une flottille en octobre 2025. Il y a eu une escalade de la violence sans précédent dans l’histoire des flottilles. On n’avait jamais vu ça auparavant. »

Peur des uniformes et peur des chiens

Qui étaient ces hommes en armes ? Les bateaux ayant servi de prisons flottantes appartiennent à l’armée israélienne. Ce sont des soldats israéliens qui ont escorté les militant·es de leurs petites embarcations à ces gros navires. Mais les hommes de la « chambre noire » pourraient appartenir, selon nos informations, non pas à l’armée mais à des services de sécurité intérieure israéliens.

Selon une source militaire israélienne, des agents du Israel Prison Service, les services pénitentiaires israéliens (qui dépendent non pas du ministère de la défense mais du ministère de la sécurité nationale d’Itamar Ben Gvir), se trouvaient à bord de ces bateaux tout au long du voyage et avaient la responsabilité de la zone où les membres de la flottille étaient détenus.

Interrogée le 23 mai, l’armée israélienne « rejette les allégations d’abus commis par ses soldats lors des opérations menées pour faire respecter le blocus » de Gaza. Contactés, ni les services pénitentiaires israéliens ni le ministère de la sécurité nationale auquel ils sont rattachés n’ont répondu à nos questions.

Après environ deux jours sur ces navires, les membres de la flottille sont débarqués au port d’Ashod, où ils passent cette fois sous la responsabilité de policiers et policières en uniforme gris et noir – rattaché·es, comme les services pénitentiaires, au ministère de la sécurité nationale.

Une autre membre de la flottille, Lætitia Merle, 57 ans, raconte qu’à son arrivée au port, trois femmes policières l’ont « amenée dans une salle à part » et lui ont « demandé si [elle] étai[t] un homme ou une femme ». « Je leur ai dit que j’étais une femme. Malgré cela, elles m’ont mise à nu, pour “vérifier”. Puis elles m’ont demandé de m’accroupir et m’ont touché le sexe », explique l’ex-éducatrice, au lendemain de son retour sur le sol français.

Cette militante du NPA-A – une scission du Nouveau Parti anticapitaliste –, qui avait embarqué dans un des bateaux affrétés par Global Sumud France, poursuit : « Une policière m’a dit en français : “Tu vas goûter à la bite israélienne.” J’ai été frappée. Depuis deux jours, j’ai peur des uniformes et j’ai peur des chiens. »

Yasmine Scola, 28 ans, une quatrième participante française à la flottille, était également détenue au port d’Ashod lorsqu’elle a eu affaire personnellement au ministre Itamar Ben Gvir, raconte-t-elle. « J’ai été jetée dans l’une des tentes où ils faisaient les fouilles corporelles. Deux femmes en uniforme m’ont dit de me déshabiller. Elles m’ont fouillée puis, quand j’ai commencé à me rhabiller, un homme est entré dans la tente. C’était Itamar Ben Gvir, avec des membres de son équipe. Il a parlé avec elles en hébreu puis est reparti. Je n’ai pas réussi à voir s’ils m’avaient filmée », relate Yasmine Scola, qui est bénévole dans une association d’aide aux migrant·es.

Invisibilité palestinienne

Les vidéos filmées et diffusées par les équipes du ministre israélien de la sécurité nationale attestent sa présence sur place le jour où Yasmine Scola dit l’avoir rencontré. Interrogés sur le protocole encadrant les fouilles corporelles et sur la présence dans une de ces tentes d’un ministre, ni les forces armées israéliennes ni le gouvernement israélien ne nous ont répondu.

Pour les avocates de la délégation française de la Global Sumud Flotilla, les faits rapportés par ces passagers et passagères de la flottille pourraient être qualifiés d’agressions sexuelles : « À partir du moment où on considère, et c’est notre cas, qu’ils ont été interceptés et retenus de manière illégale, tous ces gestes, toute cette violence, toutes les “fouilles” sont considérés comme des actes de violence qui ne sont pas légitimes », explique Mathilde Lanté, l’une de ces avocates.

Elle travaille, aux côtés des autres avocates de la flottille, sur une plainte pénale devant la justice française et sur une possible plainte devant la justice internationale. La Global Sumud Flotilla dit avoir dénombré « au moins 37 personnes souffrant de fractures » et « au moins seize personnes victimes de violences sexuelles » sur les 430 ayant pris part à la mission.

En février, trois membres d’une précédente flottille avaient déjà dit avoir subi des « viols » et « agressions sexuelles » lors de leur détention : une journaliste allemande, Anna Liedtke ; une activiste australienne, Surya McEwen ; ainsi qu’un journaliste italien, Vincenzo Fullone. Ce dernier décrivait notamment des « fouilles anales invasives et douloureuses ».

Comme les quatre militant·es français·es interrogé·es par Mediapart, ils tenaient à souligner que ce qu’ils avaient enduré n’était qu’une infime partie des violences que vivent quotidiennement les détenus palestiniens. « Imaginez ce que vivent les Palestiniens, eux qui n’ont pas notre visibilité, exhortait Adrien Berthel en arrivant à l’aéroport, vendredi 22 mai. Le silence les tue. »

En novembre 2025, le Centre palestinien pour les droits humains rassemblait des témoignages sur les « viols et tortures sexuelles systématiques » subis par les détenus palestiniens en Israël. Le Bureau des Nations unies a également consacré un rapport spécifique à ce sujet en mars 2025, qui conclut lui aussi au « recours systématique » à ce type de violences par Israël.

Quelques heures après la libération des navigant·es de la flottille, le ministre français des affaires étrangères annonçait le placement sous sanctions d’Itamar Ben Gvir. Le ministère de la sécurité nationale israélien est désormais interdit d’accès au territoire français, en raison d’« agissements inqualifiables à l’égard de citoyens français et européens passagers de la flottille Global Sumud ».

Jean-Noël Barrot jugeait utile, cependant, d’ajouter, dans le même communiqué, qu’il « désapprouv[ait] la démarche de cette flottille » qui, assure le ministère, « ne produit aucun effet utile et surcharge les services diplomatiques et consulaires ».

 

 

Gaza : plus de 38 000 femmes et filles tuées entre octobre 2023 et décembre 2025

Plus de 38 000 femmes et filles ont été tuées à Gaza entre octobre 2023 et décembre 2025, selon ONU Femmes. Six mois après le cessez-le-feu, alors que l’attention internationale se détourne de l’enclave palestinienne, l’agence onusienne met en garde contre la persistance d’un danger extrême pour les femmes et les filles à Gaza.

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