Manifeste des intellectuels. Les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination

Alors que les autorités libanaises ont conclu un accord avec l’État colonial d’Israël, piétinant la souveraineté libanaise ainsi que le droit de résistance du Hezbollah, plus de 300 intellectuel·les arabes joignent leurs voix pour affirmer l’unité arabe contre la normalisation avec Israël, le soutien aux résistances qui luttent contre le colonialisme israélien, et le droit à l’autodétermination des peuples arabes.

Rassemblant des universitaires, journalistes et dirigeants politiques de premier plan, issu·es des quatre coins du monde arabe, ce manifeste représente une intervention politique d’une grande importance.

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser


Abu El Kacem Chebbi

 

Nous, intellectuelles et intellectuels, universitaires, artistes, militantes et militants du monde arabe et de la diaspora, prenons la parole.

Nous la prenons aujourd’hui, à l’heure où le sang de notre peuple coule à flots sous les bombes israélo-occidentales car une autre guerre se mène contre lui, plus silencieuse mais tout aussi mortelle : celle de la normalisation avec l’État ennemi Israël, qui gangrène notre région, décrétée par des dirigeants corrompus contre la volonté de leurs peuples, contre leur mémoire, contre leur sang versé. Des Accords d’Abraham à l’accord-cadre signé entre le Liban et Israël à Washington, le 26 juin 2026 : la trahison s’écrit désormais en série. Nous le dénonçons avec la plus grande fermeté.

Il nous faut appeler les choses par leur nom : ce texte d’accord n’est pas un traité de paix entre égaux, c’est la formalisation d’un rapport de soumission au mépris total des sacrifices du peuple libanais pour la conquête de sa terre et de sa dignité. Pendant que les responsables officiels échangeaient des poignées de main sous l’objectif des caméras américaines, l’armée israélienne frappait encore le territoire libanais le jour même de la signature. Un décalage qui, à lui seul, en dit long sur la véritable nature du texte signé : une capitulation drapée dans le lexique de la souveraineté. Des dirigeants israéliens le disent sans détour : leur projet dépasse le Hezbollah et la frontière sud du Liban. Ce qui se joue est plus ancien. C’est un « Grand Israël », débordant les frontières de 1948 jusqu’au Liban, à la Jordanie, à la Syrie. Un « Grand Israel » ravivant le rêve Jabotinsky de faire du projet sioniste une puissance régionale qui intimide ses voisins, accapare leurs ressources, redessine les frontières à sa guise. Et à chaque étape, le même mot revient pour habiller cette expansion : légitime défense. Comme si conquérir pouvait se conjuguer avec se défendre.

La succession des guerres qui frappent la région : la Palestine, le Liban, l’Irak, le Soudan, la Libye, la Syrie, etc., n’est pas une série de crises indépendantes les unes des autres. Elle s’inscrit dans cette longue histoire coloniale : du congrès de Berlin (1878) aux accords Sykes-Picot (1916) et à la déclaration de Balfour (1917) jusqu’à la confiscation des révolutions arabes de 2011, une même logique impérialiste est à l’œuvre : livrer nos terres et nos droits aux appétits voraces des puissances occidentales. Aujourd’hui encore, il s’agit de fragmenter pour dominer. Aujourd’hui encore, se joue notre anéantissement. Normaliser, ce n’est pas la paix, c’est décider de notre écrasement.

Dans ce projet d’anéantissement, Israël joue un rôle stratégique de premier plan. Il est à l’articulation d’un impérialisme qui, forgé dans ce long 19ème siècle, opère sa mue avec la complicité de certains de nos États. Les Accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations de cinq pays arabes avec Israël, s’inscrivent dans ce nouveau moment impérial qui sous couvert d’intégration économique cherche coûte que coûte la sauvegarde d’un avantage hégémonique US dans la région.

C’est à cela que travaille aussi le projet IMEC – India-Middle East-Europe Economic Corridor – annoncé au G20 de New Delhi en septembre 2023 : consolider la normalisation des relations entre Israël et les pays du Golfe et proposer une alternative à la Route de la Soie chinoise. Israël est donc le nœud géographique indispensable du corridor : la normalisation n’est pas une fin en soi, mais la condition infrastructurelle de l’hégémonie États-unienne dans la région. Génocide ou normalisation, deux voies vers le même objectif : faire de la région arabe un marché libre des marchandises et des identités.

Face à cette réalité, une seule conclusion s’impose : les États-nations de la région partagent non seulement une langue, une culture et une histoire, mais surtout une communauté de destin structurée par les mêmes mécanismes d’assujettissement et les mêmes aspirations de libération nationale. Le slogan tunisien « La Tunisie libre et sa capitale Jérusalem » ou les manifestantes et manifestants égyptiens et marocains brandissant le slogan « La Palestine est une cause nationale » le disent clairement : la condition palestinienne est la condition de tous les peuples de la région, à des degrés différents.

Nous, signataires de ce texte, conscientes et conscients de la menace existentielle que présente le projet impérialiste du « Grand Israël » pour toute la région arabe, nous refusons que l’épuisement de nos peuples, provoqué par deux siècles de guerre perpétuelle, de blocus et de destruction, soit présenté comme un choix libre par des régimes arabes traîtres, au service de leurs maîtres occidentaux. Nous refusons qu’un rapport de force fondé sur le génocide et l’écrasement de toute résistance soit célébré comme une paix.

Nous, signataires de ce texte, héritières et héritiers d’une longue histoire de résistance des peuples arabes contre le colonialisme et le sionisme affirmons, dans ce manifeste :

·   Premièrement : le refus d’une paix factice et de toute forme de normalisation avec l’État ennemi Israël 

Les accords d’Oslo, nous ont appris cette leçon : une paix négociée sous la contrainte militaire et économique, où l’une des parties impose à l’autre le calendrier, les conditions et les garanties de sa propre sécurité, n’est pas une paix. C’est une reddition habillée du vocabulaire diplomatique, c’est la garantie, dans les faits, d’une fragmentation plus grande et d’une colonisation israélienne consolidée. Nous dénonçons la complicité d’une partie des élites politiques, économiques et intellectuelles arabes avec le régime de soumission imposée par l’impérialisme occidental au mépris des sacrifices des peuples de la région. Nous nous adressons en particulier aux dirigeantes et dirigeants arabes qui, sous couvert de realpolitik, ont choisi la voie de l’assujettissement plutôt que celle de la dignité. Nous exigeons la rupture de tous les accords de normalisation. Nous rappelons que la légitimité populaire de tout pouvoir dans notre région se mesure aussi à sa capacité à ne pas trahir, par accommodement diplomatique, les principes qu’il proclame. Des luttes anticoloniales aux révolutions arabes, une même leçon s’est inscrite dans l’ADN de la région : aucun régime collaborateur ne survit au mépris des aspirations d’émancipation de son peuple.

 

·   Deuxièmement : la dénonciation du projet du « Grand Israël » 

Nous prenons acte des déclarations officielles israéliennes qui annoncent ouvertement l’ambition prédatrice et expansionniste du projet colonialiste israélien. Quand un ministre israélien déclare que le fleuve Litani doit devenir la nouvelle frontière avec le Liban, quand un autre revendique des plans de colonisation pour le Sud-Liban, ce ne sont pas des dérapages : c’est l’aveu d’une doctrine. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces ambitions expansionnistes et nous rappelons qu’aucun accord ne peut être viable tant que cette machine de guerre génocidaire n’est pas explicitement et durablement écartée. Aucun accord ne peut se faire sans libérer toute la terre occupée et sans affirmer le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens de 48 et de 67.

 

·  Troisièmement : l’affirmation du droit des peuples arabes à l’autodétermination comme principe inaliénable

Nous rappelons ici au respect de ce droit, consacré par la Charte des Nations Unies et par le droit international, qui sanctionne la légitimité de la lutte armée en contexte de domination coloniale et d’occupation étrangère. Ce droit est attaché à la dignité des peuples colonisés luttant pour leur survie. Aucune transaction géopolitique ne saurait l’entamer. Aucun rapport de force qui, aujourd’hui comme hier, nous est défavorable ne pourrait le réduire. Nous réaffirmons ici ce droit pour le peuple palestinien, pour le peuple libanais, et pour l’ensemble des peuples arabes confrontés au même choix entre génocide et dignité. Nous saluons le courage de celles et ceux qui ont dignement choisi de résister et de faire face directement à la machine de destruction israélo-occidentale. Nous demandons la libération de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens et libanais, ainsi que de toutes les personnes condamnées dans les pays arabes pour avoir manifesté leur solidarité avec la cause palestinienne.

 

·   Quatrièmement : le refus de la solidarité internationale purement symbolique

La solidarité internationale contemporaine s’est largement repliée, notamment au niveau des gouvernements, sur des formes qui ne coûtent rien et n’engagent à rien : condamnations diplomatiques sans suite, aide humanitaire qui soulage la souffrance sans jamais s’attaquer à ses causes structurelles, campagnes de sensibilisation qui informent sans transformer. Ces gestes ne sont pas inutiles mais ils permettent aux États et aux opinions publiques de se donner bonne conscience sans jamais remettre en cause l’ordre impérialiste qui produit l’oppression. Soutenir un peuple occupé uniquement dans les formes qui ne dérangent personne, c’est soutenir sa souffrance, pas sa libération. C’est accepter que les opprimés attendent, patientent, négocient indéfiniment avec celles et ceux qui les oppriment, pendant que le monde regarde avec sympathie sans jamais accepter de payer le prix politique d’un soutien réel à leur émancipation par les moyens qu’ils jugent nécessaires.

 

·   Cinquièmement : la responsabilité de l’intellectuelle et de l’intellectuel arabes

Nous faisons nôtre l’exigence formulée par Ghassan Kanafani ou de Bassel Al-Araj : les intellectuelles et intellectuels issus des sociétés colonisées ou dominées ne peuvent se réfugier dans une neutralité de façade qui, dans les faits, sert toujours les intérêts de la partie la plus forte. Notre rôle n’est pas de traduire la révolte de nos peuples dans une langue acceptable pour les bourreaux. Il ne s’agit pas de polir, d’édulcorer, de rendre présentable ce qui doit rester une insurrection. Notre rôle est de la porter, de la défendre, avec tous les outils dont nous disposons et d’abord en refusant toute normalisation, qu’elle soit intellectuelle, culturelle ou politique. Nous dénonçons la guerre impérialiste permanente qui frappe cette région. Nous soutenons, sans réserve, toutes les formes de résistance qui s’y opposent. Ce que nous voulons n’est pas un armistice maquillé en paix, une pacification qui nous dépossède en silence. Ce que nous voulons, c’est la libération totale et la souveraineté pleine et entière : sur nos terres, sur nos ressources et sur nos modes de production. Rien de moins.

Nous signons ce manifeste en tant qu’intellectuelles et intellectuels, militantes et militants arabes, conscients et conscientes que le silence, en un moment où se rejoue l’avenir de toute une région, est lui-même une forme d’abdication. Nous choisissons de ne pas nous taire. Nous appelons à en finir une bonne fois pour toutes avec les négociations indignes et les compromis honteux, qui légitiment l’inacceptable, et à identifier clairement la menace centrale : celle du projet expansionniste du « Grand Israël » qui constitue le nœud stratégique de l’impérialisme occidental. Nous adoptons la posture d’un refus radical montré par les différentes formes de résistance dans le monde arabe, seule à même de garantir la dignité individuelle et collective des peuples de la région à la « distance zéro » de la machine de destruction, au point où l’effacement est le plus intense.

L’Algérie a vaincu, la Palestine vaincra

https://www.contretemps.eu/manifeste-intellectuels-arabes-contre-normalisation-israel-pour-autodetermination/


Le Hamas confirme un accord sur son désarmement à Gaza, un ministre israélien le juge « inacceptable »

Le Hamas a confirmé vendredi la conclusion d’un accord sur son désarmement à Gaza, un des points clé de la deuxième phase du plan initié par les États-Unis visant à mettre fin à la guerre entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.

Le ministre d’extrême droite israélien, Itamar Ben Gvir, a jugé vendredi « inacceptable pour Israël » cet accord, qui prévoit aussi un retrait progressif israélien du territoire palestinien. Il a été annoncé dans la nuit par Donald Trump, deux jours après qu’il a reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington.

Cesser les combats à Gaza « revient à accepter que le Hamas prépare le prochain massacre », a affirmé M. Ben Gvir. La guerre dans le territoire palestinien a été déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement palestinien en Israël le 7 octobre 2023.

Dans l’étroit territoire surpeuplé où la situation humanitaire reste très préoccupante, des habitants oscillent entre scepticisme et espoir.

Israël « ne respecte pas les accords », « ils trouveront quelque chose » pour reprendre les combats, affirme Ahmed Aal, un chauffeur de taxi de 37 ans.

« Enfin, le Hamas a accepté de remettre ses armes après que Gaza a été détruite. Le peuple a payé le prix du sang. Le Hamas ne devrait absolument plus avoir aucun rôle à Gaza », plaide de son côté Mohammed Hamdouna, un enseignant déplacé.

- « Aucun retrait israélien » -

Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, des responsables du Hamas ont confirmé à l’AFP qu’un accord avait été trouvé « concernant la question des armes » du mouvement et « un retrait progressif » des forces israéliennes, qui contrôlent plus de 60% de Gaza.

Mais il n’y aura « aucun retrait » sans « véritable désarmement » du Hamas, a martelé vendredi une source politique israélienne, Israël exigeant la démilitarisation de la bande de Gaza.

Les forces israéliennes occupent plus de 60% du territoire, une zone délimitée de celle contrôlée par le Hamas par une « ligne jaune » de démarcation.

« Un accord a été trouvé concernant la question des armes (...). De plus, un accord a été conclu sur un retrait progressif » des forces israéliennes à Gaza, a indiqué un responsable du Hamas.

Ghazi Hamad, un membre de l’équipe de négociation du mouvement a affirmé à l’AFP que la question des armes serait prise en charge par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure composée de technocrates palestiniens créée par le « Conseil de paix » de Donald Trump et qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

Actuellement basé en Égypte, le NCAG est empêché par Israël d’accéder à la bande de Gaza.

M. Hamad a ajouté que sa formation allait désormais discuter des modalités d’application de l’accord avec les médiateurs.

Pour la spécialiste du Hamas Leïla Seurat, le mouvement cherche, avec son annonce, à « forcer la mise en oeuvre de l’accord ». « Ce qui les intéresse, c’est surtout de mettre les médiateurs face à leurs responsabilités, de dire: nous faisons notre part de ce qui était convenu et Israël ne fait rien », ajoute-t-elle.

« Aujourd’hui, le Conseil de Paix a conclu un accord HISTORIQUE pour le DÉSARMEMENT COMPLET du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza », avait annoncé dans la nuit sur son réseau Truth Social le président américain, saluant une « étape cruciale ».

- « Suicide politique »? -

« A mesure que le désarmement s’achève, les forces israéliennes se retireront et la Force internationale de stabilisation collaborera avec une nouvelle force de police palestinienne », avait-t-il ajouté.

Le responsable du Hamas a dit que son mouvement comptait sur les médiateurs et le « Conseil de paix » pour obliger Israël à respecter les termes de l’accord.

Selon le haut représentant pour Gaza au « Conseil de paix », Nikolaï Mladenov, qui a souligné que l’accord avait nécessité des « mois de très difficiles négociations », « le retrait (israélien) doit aller de pair avec le désarmement ».

Mais, à l’approche des législatives d’octobre, « il est hors de question que Netanyahu autorise un quelconque retrait ou une reconstruction à Gaza, cela reviendrait à un suicide politique », note Muhammad Shehada, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR).

Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas ont continué depuis le mois d’octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

La guerre à Gaza a fait plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Agence France-Presse , 31 juillet 2026 à 17h00


Le Hamas confirme un accord sur son désarmement à Gaza, Israël reste silencieux

Le Hamas a confirmé vendredi la conclusion d’un accord sur son désarmement à Gaza, un des points clé de la deuxième phase du plan de paix initié par les États-Unis visant à mettre fin à la guerre entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.

Israël n’a pas commenté dans l’immédiat cette annonce faite en premier par le président américain Donald Trump, deux jours après qu’il a reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington.

La guerre dans la bande de Gaza avait débuté le 7 octobre 2023 quand l’armée israélienne y avait lancé une offensive de grande ampleur en représailles à l’attaque sans précédent du Hamas contre son territoire le 7 octobre 2023.

Dans l’étroit territoire surpeuplé où la situation humanitaire reste très préoccupante, des habitants oscillent entre espoir et scepticisme, après l’annonce du Hamas.

« Enfin, le plus long cauchemar du monde va prendre fin », lance Mohammed Hamdouna, un enseignant de 35 ans déplacé par la guerre.

« Mais je n’ose pas y croire tant que les points de passage ne seront pas ouverts et que l’aide (...) ne commencera pas à entrer, tempère-t-il.

-  »Ils trouveront quelque chose«  -

Ahmed Aal, lui, ne fait pas confiance à Israël qui  »ne respecte pas les accords« .  »Ils trouveront quelque chose«  pour reprendre les combats, affirme ce chauffeur de taxi de 37 ans.

Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, des responsables du Hamas ont confirmé à l’AFP qu’un accord avait été trouvé  »concernant la question des armes«  du mouvement et  »un retrait progressif«  des forces israéliennes, qui contrôlent plus de 60% de Gaza.

Une source politique israélienne avait cependant déclaré jeudi qu’il n’y aurait  »aucun retrait israélien de la "ligne jaune" (...) tant que le Hamas n’aura pas été totalement désarmé«  et que la bande de Gaza n’aurait pas été  »entièrement démilitarisée« .

La  »ligne jaune«  est le nom donné par Israël à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du Hamas et celle tenue par l’armée israélienne dans le territoire palestinien.

 »Un accord a été trouvé concernant la question des armes (...). De plus, un accord a été conclu sur un retrait progressif«  des forces israéliennes à Gaza, a indiqué un responsable du Hamas.

Ghazi Hamad, un membre de l’équipe de négociation du Hamas, a affirmé à l’AFP que la question des armes serait gérée par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure composée de technocrates palestiniens créée par le  »Conseil de paix«  de Donald Trump et qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

Actuellement basé en Égypte, le NCAG est empêché par Israël d’accéder à la bande de Gaza.

M. Hamad a ajouté que le Hamas allait désormais discuter des modalités d’application de l’accord avec les médiateurs.

 »Aujourd’hui, le Conseil de Paix a conclu un accord HISTORIQUE pour le DÉSARMEMENT COMPLET du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza« , avait annoncé jeudi sur son réseau Truth Social Donald Trump, parlant d’une  »étape cruciale« .

-  »Suicide politique« ? -

 »A mesure que le désarmement s’achève, les forces israéliennes se retireront et la Force internationale de stabilisation collaborera avec une nouvelle force de police palestinienne« , a-t-il ajouté.

Le responsable du Hamas a dit que son mouvement comptait sur les médiateurs et le  »Conseil de paix«  pour obliger Israël à respecter les termes de l’accord.

Le haut représentant pour Gaza au  »Conseil de paix« , Nikolaï Mladenov, a affirmé que l’accord avait nécessité des  »mois de très difficiles négociations« , soulignant que  »le retrait (israélien) doit aller de pair avec le désarmement« .

Mais des analystes doutent qu’Israël se prononce pour un retrait rapide de Gaza.

 »A l’approche des élections (législatives d’octobre ndlr), il est hors de question que Netanyahu autorise un quelconque retrait ou une reconstruction à Gaza, cela reviendrait à un suicide politique", note Muhammad Shehada, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR).

Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas ont continué depuis le mois d’octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

La guerre à Gaza a fait plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Agence France-Presse, 31 juillet 2026 à 14h15


Trêve à Gaza : le Hamas consent à un accord sur le désarmement

L’accord a été annoncé jeudi soir par Donald Trump. Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises à une instance palestinienne. Le Hamas a consenti vendredi à un accord de désarmement dans la bande de Gaza, en vue d’appliquer la deuxième phase du cessez-le-feu entre le mouvement islamiste palestinien et Israël, un des points clés du plan de paix du président états-unien Donald Trump.

Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur d’une trêve dans la bande de Gaza, des responsables du Hamas ont confirmé à l’AFP qu’un accord avait été trouvé « concernant la question des armes » et « un retrait progressif » des forces israéliennes de Gaza. Selon un responsable du Hamas, le mouvement compte sur les médiateurs et le « Conseil de paix », créé en janvier par le président américain Donald Trump, pour obliger Israël à respecter les termes de l’accord. Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas avaient continué au quotidien depuis le mois d’octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

 
Des Palestinien·nes inspectent des bâtiments endommagés après avoir été pris·es pour cibles par des frappes israéliennes à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, le 29 juillet 2026. Des négociations se tiennent depuis des semaines en Égypte pour mettre en œuvre la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Selon Ghazi Hamad, un membre de l’équipe de négociation du Hamas, le mouvement islamiste a fait « des concessions pour le bien de [leur] peuple dans la bande de Gaza, afin de le sauver de la mort et du déplacement ».

Il a affirmé que la question des armes était liée au retrait d’Israël du territoire palestinien. « Israël n’interviendra pas dans la question du désarmement. Le Comité national est l’instance qui se chargera de cette tâche », a-t-il déclaré à l’AFP, en référence au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), créé par le Conseil de paix. Ghazi Hamad a ajouté que le Hamas allait désormais discuter des modalités de mise en œuvre avec les médiateurs et convenir d’un calendrier pour l’exécution de l’accord. « Ce processus prendra environ quatorze jours, voire davantage », a-t-il estimé.

« Transition progressive »

Le haut représentant pour Gaza au Conseil de paix, Nikolaï Mladenov, a assuré vendredi que « ce qui se passera ensuite est encore plus important. La mise en œuvre et la vérification doivent être réelles. Le retrait doit avancer de concert avec le désarmement ». Le « Conseil de Paix entamera bientôt une transition progressive vers l’exercice de l’autorité pleine et entière, avec le soutien de la Force internationale de stabilisation (ISF) », a assuré cet organisme sur X.

L’accord avait été annoncé jeudi soir par Donald Trump sur son réseau Truth Social. « Il s’agit d’une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables », a-t-il écrit en soulignant un accord « historique ». Toujours dans le cadre de la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu, la Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l’égide du Conseil de paix, collaborera ensuite « avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza », a ajouté le président états-unien.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l’Égypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler « bientôt » au Caire, a rapporté vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l’État égyptien. Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au NCAG, une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza. « Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza », a déclaré ce responsable à l’AFP. Actuellement basé en Égypte, le NCAG est empêché par Israël d’accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Israël, qui contrôle aujourd’hui plus de 60 % de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens.L’attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73 300 mort·es, selon le ministère de la santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Agence France-Presse, 31 juillet 2026

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