Pour comprendre l’ampleur de la catastrophe économique qui s’aggrave à Gaza en raison du génocide et du blocus étouffant, il suffit de considérer un élément fondamental de la vie quotidienne : le pain.
Avant le génocide, une botte de pain ne coûtait pas plus de cinq shekels, et atteignait parfois six shekels pour une meilleure qualité — soit environ 1,50 dollar, ou 2 dollars au maximum, au taux de change actuel. Désormais, les familles font la queue pendant des heures simplement pour obtenir une botte de pain. Le problème ne se limite plus à la disponibilité du pain ; il concerne également son prix et la capacité des habitants à se le procurer, après que l’immense majorité des familles ont perdu leur emploi, leurs revenus et leurs moyens de subsistance.
La vie quotidienne à Gaza est devenue une succession épuisante de files d’attente : pour l’eau, le pain, l’aide humanitaire et les cuisines collectives qui continuent de distribuer des repas quotidiens à ceux qui n’ont aucun autre moyen de se nourrir.
Photos de Anas Baraka.
Nous parlons d’environ 1,8 à 2 millions de personnes. Beaucoup attendent chaque jour un repas préparé avec les ingrédients disponibles, quelle que soit leur qualité ou la présence éventuelle de protéines animales. Leur seule préoccupation est de survivre et de trouver quelque chose à manger pour leurs enfants et leurs familles.
Imaginez-vous vous réveiller sous une tente où vous avez à peine pu dormir, après avoir enduré des conditions insupportables pendant l’été torride comme pendant l’hiver glacial. Vous commencez votre journée en faisant la queue pour obtenir de l’eau destinée à satisfaire les besoins les plus élémentaires : boire, se laver et assurer l’hygiène. Vous rejoignez ensuite une autre file pour le pain, avant de passer le reste de la journée à attendre votre tour pour recevoir de la nourriture.
C’est ainsi que la vie à Gaza a été réduite à une attente permanente des produits de première nécessité. La population est épuisée psychologiquement, socialement et économiquement. Les signes visibles et les conséquences de la famine sont devenus la caractéristique dominante de la vie dans toute la bande de Gaza, frappant l’ensemble de la communauté avec une force dévastatrice, tandis que le monde continue de les traiter comme s’il ne s’agissait que d’une scène passagère parmi d’autres.
Les affirmations selon lesquelles de l’aide entrerait à Gaza ignorent également une réalité fondamentale : une grande partie de ce qui entre actuellement est constituée de marchandises commerciales vendues sur les marchés, alors que la population a déjà perdu ses emplois, ses entreprises et ses sources de revenus. À quoi sert la présence de nourriture sur le marché si les gens n’ont pas d’argent pour l’acheter ?
Gaza est enfermée dans un cercle vicieux de pauvreté, de faim et de dépendance forcée à l’aide humanitaire — un cycle dans lequel les besoins deviennent chaque jour plus urgents au lieu de diminuer.
Ce qui se passe à Gaza n’est pas simplement une crise économique ou humanitaire. Il s’agit de la destruction délibérée de personnes, de leur économie et de leur capacité à vivre dans la dignité. La famine est une fois encore utilisée comme une arme contre l’humanité à Gaza.
Eyad Al Amawee du Gaza Relief Comitee
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